La peur des enfants. Les aider à surmonter leurs craintes

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Rire, pleurer, se mettre en colère… L’expérience des émotions est courante chez les enfants et les adultes. La peur aussi. Il est normal et même positif, car c’est un état d’alerte qui protège des risques éventuels. Il existe des craintes communes à presque tous les enfants. Ces problèmes seront résolus presque spontanément avec un peu d’aide. Nous ne devons nous inquiéter que si les craintes durent trop longtemps ou provoquent un état d’anxiété disproportionné.

Pourquoi les enfants ont-ils peur ?

La peur des étrangers, d’être séparé de ses parents, de l’obscurité, de l’école… ce sont des peurs évolutives. Il s’agit de peurs communes à presque tous les enfants, pour la plupart temporaires, de faible intensité et typiques d’un stade d’évolution spécifique. Ils sont associés à différentes phases de développement et varient en fonction de l’évolution des caractéristiques cognitives, sociales ou émotionnelles des enfants.

Cependant, chacun, en fonction de ses caractéristiques et expériences personnelles, vivra ces peurs différemment ou à des moments différents des autres, ou même ne vivra jamais une peur particulière. Un enfant qui a été attaqué par un chien ne réagira pas de la même manière qu’un enfant dont l’expérience avec les animaux a été positive.

Fréquemment, les parents ont recours à la peur pour protéger leurs enfants des situations dangereuses (bouchons, animaux, circulation), mais aussi, ils mettent inutilement de la peur dans leur corps pour contrôler leur comportement. Il s’agit d’une pratique éducative qui, même si elle amène l’enfant à obéir sur le moment, peut entraîner des problèmes plus graves à long terme.

Les craintes des enfants en fonction de leur âge

– Pendant la première année, ce qui les choque le plus, c’est la perte de soutien, les bruits forts, les étrangers et la séparation d’avec leurs parents.
– A partir de la deuxième année dans leur vie, ils découvrent qu’il y a des animaux qui peuvent leur faire du mal, qu’ils n’aiment pas le noir, qu’ils sont angoissés quand ils sont blessés et qu’ils ont peur de l’inconnu. Pour cette raison, ils ne veulent toujours pas être séparés de leurs parents.
– Entre 3 et 4 ans leurs craintes deviennent plus apparentes. Leur imagination leur joue des tours et ils s’interrogent sur les monstres qui se cachent dans l’obscurité. Ils ont également peur des dommages physiques et craignent les phénomènes naturels (tonnerre, vent, tremblements de terre).
– Lorsqu’ils arrivent à 5 et 6 ans, ils entretiennent la peur d’être séparés de leurs parents, des animaux, de l’obscurité et du mal physique, mais ajoutent également la peur des êtres maléfiques (voleurs, kidnappeurs) et des personnages imaginaires (sorcières, fantômes, le croque-mitaine, personnages de dessins animés). Ils n’aiment pas non plus les médecins, surtout s’ils portent des blouses blanches, et s’inquiètent de la maladie et de la mort.
– L’enfant de 7 et 8 ans continue à avoir peur du noir, des animaux et des êtres surnaturels, et ajoute sa peur du ridicule pour l’absence de compétences scolaires, sociales ou sportives.
– De 9 à 12 ans,  leur peur du noir et des êtres imaginaires diminue, mais ils sont désormais particulièrement sensibles à l’école (examens, suspensions), à l’acceptation sociale (intégration dans le groupe, apparence physique), à la solitude, à la maladie et à la mort.

La réaction de l’enfant face à la peur

Lorsqu’ils sont bébés, ils peuvent réagir par un choc ou des pleurs ; plus tard, en plus des pleurs, ils tentent d’éviter à tout prix la source de leur peur, en cherchant la compagnie d’un adulte qui les protégera.

Parfois, ils constatent simplement un certain changement dans leur comportement habituel, par exemple, ils peuvent montrer une certaine régression dans leurs habitudes, en pissant à nouveau au lit ou en suçant leur pouce lorsqu’ils ont arrêté.

Les craintes ne sont pas une préoccupation majeure. Mais si elles sont si intenses et persistantes, ils ont un impact négatif sur le développement de l’enfant, la vie quotidienne ou les études, et que la famille, malgré ses efforts, ne sait pas comment gérer la situation, il est conseillé de consulter un professionnel.

Comment aider l’enfant à surmonter sa peur ?

– D’abord, identifiez ce qui lui fait peur.
– Parlez des choses qui lui font peur.
– Avoir une disposition compréhensive. Essayez de ne pas lui faire honte ou de le gronder.
– Transmettez la sécurité et la confiance, toujours sur un ton détendu.
– Encouragez-le à affronter ses craintes progressivement, même si c’est avec notre aide au début, sans les forcer et en louant son comportement courageux.
– Pour promouvoir leur estime de soi et leur autonomie.
– Apprenez-lui des moyens de lutter contre l’anxiété : écouter de la musique, se détendre ou faire des activités qui lui tienne occupé (compter les cartes, dresser la liste de vos aliments préférés).
– Donnez-lui un certain pouvoir sur la situation (allumez une petite lumière, ayez un petit animal de compagnie).
– Prêcher par l’exemple, afin qu’il trouve en nous un modèle adéquat de dépassement.
– Offrir à l’enfant une vision positive du monde. Apprenez-lui à ne pas trop se soucier des choses et à trouver des solutions aux problèmes qui se posent.
– Beaucoup d’humour. Un bon antidote à la peur est de transformer les aspects effrayants en traits drôles par le biais de dessins et de blagues.

Ce qu’il ne faut pas faire si l’enfant a peur

– La peur ne doit pas être ignorée. Des phrases comme « n’aie pas peur, tu n’as pas de raison ou tu dois être courageux » le font se sentir incompris et seul face au danger, car si ses parents nient sa peur, ils ne pourront sûrement pas l’aider à la surmonter.
– Nous ne devrions pas non plus réagir de manière excessive. L’enfant y voit plus d’attention et de concessions que la normale, ce qui le libère de tâches et d’obligations, renforçant accidentellement les craintes.
– Pas pour se moquer de l’enfant, pas pour le gronder. Le ridicule ne le rend pas moins craintif, il ne fait que diminuer sa confiance en lui et le pousse à essayer de cacher sa peur.
– N’évitez pas les objets et les faits que vous craignez, car cela lui permettra de surmonter momentanément la peur, mais ne l’aidera pas à la surmonter définitivement.
– Permettre à l’enfant de dormir dans le lit avec ses parents doit être une chose très exceptionnelle, comme raison d’une fête, mais jamais comme moyen de résoudre le problème.
– Ne mentez pas à l’enfant. Des informations sur un fait qui échappe à votre contrôle (par exemple, l’obtention d’un vaccin) peuvent l’aider à le maîtriser. Il suffit de lui expliquer les choses de manière simple pour qu’il puisse comprendre.
– S’il s’agit d’enfants particulièrement craintifs, évitez les histoires d’ogres, de fantômes ou de sorcières, ou les activités qui pourraient les effrayer (films d’horreur, peurs…), surtout avant de se coucher.
– Ne pas leur faire part de nos craintes personnelles.