Les mensonges des enfants : les apprentis de Pinocchio

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Ils peuvent mentir par peur d’être punis, pour protéger un ami, parce qu’ils ont honte de quelque chose. En gros, les enfants mentent pour les mêmes raisons que les adultes. Bien que nous ne devions fréquenter aucune de leurs variétés, tous les mensonges n’ont pas la même gravité. C’est leur fréquence et le but qu’ils poursuivent qui font la différence.

Pinocchio, l’un des personnages les plus célèbres de la littérature enfantine, s’est fait pousser le nez quand il a menti. Il a même été question de « L’effet Pinocchio » pour désigner une légère réaction physiologique dans le tissu nasal après la position allongée. Les démangeaisons et le gonflement à peine perceptibles du nez sont associés à la nervosité que produit la situation inconfortable. L’argument avancé par de nombreux parents à leurs enfants, selon lequel s’ils n’arrêtent pas de mentir, leur nez va se développer, est donc peut-être justifié. En dehors de ce raisonnement, peu convaincant pour les enfants incrédules, la psychologie est prête à connaître les causes et les types de mensonges enfantins, ainsi que les moyens familiaux de promouvoir la sincérité.

Menteurs précoces ?

Le mensonge chez les enfants, en tant qu’expression contraire à ce que l’on sait, croit ou pense, peut être orienté vers divers objectifs : éviter une sanction, supprimer la honte découlant d’une situation désagréable, attirer l’attention, se vanter, obtenir un avantage, maintenir l’intimité, se sentir fort, faire du mal à quelqu’un, protéger les autres, etc. En général, les raisons qui poussent les enfants à mentir sont les mêmes que celles que l’on trouve chez les adultes. Lorsque les enfants se couchent régulièrement, il n’est pas rare qu’un petit coup de fouille révèle des frustrations, des conflits, des situations dommageables, etc. Les observations quotidiennes et les études scientifiques suggèrent que vous pouvez mentir dès votre plus jeune âge. À quatre ans, les enfants sont en mesure de mentir délibérément. Il convient toutefois de garder à l’esprit qu’il n’est pas toujours facile de distinguer les mensonges des contre-vérités et qu’en fait, il subsiste un doute raisonnable quant à savoir si certains mensonges présumés ne sont pas en fait des fantasmes ou pseudomies enfantines. Il est presque certain que ce que nous appelons parfois un mensonge n’est qu’un fantasme et vice versa. Entre trois et six ans environ, les enfants jouissent du libre jeu de leur imagination, qui leur permet de « modifier » la réalité selon leurs désirs. Les histoires fantastiques pleines de faits impossibles ou celles qui prennent pour protagonistes des êtres imaginaires sont des exemples clairs de cette activité « transformatrice » pour les enfants qui, si elle est bien canalisée, active le développement.

Exagéré ou frustré ?

Bien qu’il ait été admis qu’ils puissent apparaître plus tôt, à partir de l’âge de six ou sept ans, l’objectif principal est d’obtenir un certain bénéfice ou d’éviter un certain dommage. Il existe un large catalogue de mensonges, dont les modalités se recoupent souvent. C’est le cas de l’indemnisation et le battage médiatique. Les premières peuvent être fondées sur une limitation subjective ou réelle et visent à rapprocher l’enfant de ce qu’il aimerait être « le moi idéal ». Ces dernières conduisent à l’augmentation de quelque chose qui peut naturellement être un aspect de la réalité de l’enfant lui-même : des résultats scolaires, une marque sportive, un comportement, etc. L’élève qui, sans être vrai, se vante des excellentes notes obtenues, en plus d’exagérer, compense probablement sa frustration scolaire.

Raisons de l’alarme ?

Tous les mensonges n’ont pas la même entité. Bien qu’en général, il ne faille pas se réjouir de tout mensonge, ceux qu’on appelle une attention particulière sont les mensonges fréquents et les mensonges graves. Les mensonges constants, qu’ils soient dus à une « propension » ou à un environnement inapproprié, s’ils ne sont pas éradiqués, tendent à former une habitude négative. D’autre part, les « gros » mensonges visant à obtenir des faveurs ou à éviter des obligations, sans aucune considération pour les dommages causés à soi-même ou aux autres, peuvent nous placer devant un modèle de comportement antisocial. Le fait commun aux deux types de mensonges, beaucoup plus grave lorsqu’ils sont fusionnés, est celui d’une personnalité qui entre dans un terrain accidenté dont il est difficile de sortir. L’installation dans le mensonge est un indicateur de développement anormal qui rétrécit l’horizon personnel et assombrit les relations. Le mensonge diminue la qualité du traitement interhumain et prive le tricheur et le trompé d’une interaction profonde.

Les cas les plus préoccupants

L’échec de la communication et la régularité de mensonges nous conduisent à la soi-disant « Pathologique ». Ceux-ci reflètent, selon le cas, des conflits, des déficiences émotionnelles, des troubles psychologiques, etc. Le mode le plus sérieux est le « pseudologie fantastique ».C’est un type d’invention enchevêtrée qui vise à gagner l’appréciation des autres. L’enfant ou l’adolescent devient un acteur qui, par l’interprétation de ses histoires, enrichie de gestes et de détails, remplace une réalité qui lui déplaît par une autre qui est séduisante et lui apporte de l’estime. Dans la mesure où l’auteur de ces « tromperies » les croit, elles cessent d’être de véritables mensonges. Tout aussi inquiétant est le mensonge inséré dans un modèle de comportement qui viole les droits d’autrui ou les normes sociales. Il doit être utilisé pour obtenir des avantages ou pour éviter toute responsabilité. Les exemples comprennent la falsification de documents (bulletins de notes, cartes de membre, etc.), la fraude, l’usurpation d’identité, etc.

Engagement familial

Pour sa part, le « mensonge défensif » est avant tout une réaction à une situation affligeante ou menaçante. Parfois, la souffrance ou la peur pousse l’enfant vers le mensonge. Un exemple est celui de l’élève qui n’a pas fait ses devoirs et qui, craignant d’être puni par un professeur rigide, fait semblant d’être malade pour sortir de la classe. De tels mensonges ne doivent pas devenir une « ressource protectrice » commune pour l’enfant. Une personnalité faible et peu sûre d’elle peut trouver dans ces réactions un moyen facile de se sortir des difficultés. Au-delà de l’impact que les mensonges ont sur les autres, certaines des conséquences psychiques qui se produisent le plus souvent chez les enfants eux-mêmes sont : le plaisir, la peur, la culpabilité, l’indifférence, etc. Le pronostic est pire lorsque l’enfant ne présente aucun conflit éthique ou lorsque l’environnement dans lequel il est immergé renforce ses mensonges. Bien que l’on ait déjà vu que les limites entre les mensonges ne sont pas claires, il convient de noter qu’en général, un engagement ferme de l’environnement familial de l’enfant est nécessaire pour le tenir à l’écart du mensonge une fois pour toutes. L’immaturité de l’enfance rend difficile de discerner clairement le bien du mal dans toutes les situations. Cet obstacle devient insurmontable si l’environnement de l’enfant est ambigu ou s’il se contente de tromper. La famille assume un rôle fondamental dans l’élimination des mensonges. Il est important que nous nous arrêtions et fixions les moyens les plus appropriés pour que les parents puissent promouvoir un climat d’honnêteté :

1 Un aspect essentiel est de donner l’exemple. On sait, en effet, que l’une des façons dont les enfants apprennent à mentir est d’imiter leurs parents. Parfois, les parents, pour s’épargner des efforts ou des situations inconfortables, ont recours à des promesses qu’ils n’ont pas l’intention de tenir ou à des réponses qui ne sont pas conformes à la vérité.

2 Les motifs et les répercussions des mensonges doivent être discutés avec l’enfant tout en lui montrant clairement le comportement correct.

3 Parier sur la confiance. Une atmosphère de suspicion et d’insécurité met de nombreux obstacles à une communication véridique et à la configuration de la personnalité intégrée.

4 Éviter l’autoritarisme. Si un mensonge est détecté, au lieu de réagir de manière disproportionnée, de répression et de despotisme, il est préférable de combiner surprise, fermeté et raison. Dans ce cadre, il est plus facile de canaliser le comportement des enfants vers la vérité.

La valeur de la sincérité

Dans la prévention ou la solution du mendicité, il faut prêter attention à de nombreux aspects, mais beaucoup sont condensés, comme nous l’avons dit, dans le souci de l’environnement. Le climat familial constitue la réalité environnante primordiale dans laquelle l’enfant se développe et qui conditionne sa manière d’être et son flux vital. La construction d’un environnement d’authenticité, initialement menée par les parents, offre aux enfants de solides références pour la régulation positive de leurs comportements et de leurs relations. Il convient de rappeler que la vérité vous permet d’organiser et de déployer un plan de vie familiale et personnelle sain. La sincérité est une valeur de coexistence qui exige l’effort et l’engagement de tous les membres de la famille. Même dans les moments de plus grand découragement, l’idée que le mensonge s’assombrit et la vérité s’illumine.